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Mon premier week-end de septembre

'Week-end' sera désigné ci-après par WE.

Début du WE
Le WE commence vendredi à 6h moins 10 à la banque, quand je commence à ranger mes affaires et passer dire au revoir, bon WE et autres formalités aux gens que je connais (et que j'aime bien). Ce qui fait qu'à 6h 10, je suis dehors, mon sac sous un bras, mon ordinateur sous l'autre (le petit père rentre tous les WE à la maison). Sur mon chemin vers le métro, je passe à côté d'une espèce de patisserie restaurant, 'Jazzve', et comme tous les soirs ça sent super bon les gauffres (mais à l'intérieur y'a point de gauffres je me sens roulée...). J'arrive à la maison ½ h plus tard, me fais réchauffer ma popote (Bosh, soupe russe aux choux, super bon) car Rosa n'est pas là, avec la TV allumée sur une chaine genre MTV, en moins bien (déjà que MTV je trouve pas ça super). Mais enfin, ils passent de temps en temps Mika (Mikaaaaaaaaaaa!!!!!!!!!!) et Gwen Stefani et j'ai meme eu droit à une de Jamiroquai qui est pas connue et qui est trop bien. Dans la foulée, je fais un gateau au yaourth pour le WE... Puis soirée normale, on papote avec Rosa, on boit du thé, on regarde nos mails un ptit coup. Ensuite au lit, traditionnellement avec un bouquin, mais là c'est le WE et du coup c'est Véronica Mars.
Ah, les plans du WE : Mariam (femme du neveu de Rosa, 28 ans, communique en anglais avec ma petite personne, me propose toujours plein de trucs pour les WE mais souvent à la dernière minute, je l'aime bien) m'avait laissé supposer le WE d'avant que ce WE on irait à 'Dzarkadzor' avec ses amis, se promener et faire la fête (mots-clés cités : musique, vodka, danse). Moi, par l'affaire allechée, je dis okok.

Samedi matin
C'est vite dit, je me suis réveillée à midi...
Ca vaut quand même le coup de noter tous les bruits que j'entends tous les matins ici (à force je suis habituée, ça me réveille un peu mais pas trop non plus...).
TOUS les matins, la madame au-dessus de nous lave entièrement son apartement (enfin au début, au bruit je croyais qu'elle déménageait... elle doit prendre la propreté très au sérieux, car sinon pourquoi bouger tous les meubles tous les matins pour nettoyer derrière ?).
La voisine d'en face met aussi souvent son linge à sécher, sur un cable tendu entre sa fenêtre et la notre. Il y a une poulie à notre fenêtre, comme ça elle tire sur le cable au fur et à mesure qu'elle met ses vetements (ou quand elle veut les récuperer). On pourrait penser qu'étendre du linge ne fait pas de bruit. Faux. C'est sans compter sur la poulie qui est bien rouillée. Ca fait le même bruit que le gros pied de parasol en fer de papi sur les dalles à Six-Fours quand ça racle en le déplassant.
Les enfants piaillent, mais ca c'est comme partout (y'en a un dont la grand-mère est sourde, le pauvre petit s'égosille pour l'apeller).
Et aussi le bruit du gaz qui s'allume, qui signale que Rosa fait du café (pendant la semaine, ça signifie qu'il me reste environ 15 minutes de sommeil avant de me lever...).

Samedi aprèm
Après le ptit dej rapide, la douche, le repas (traditionnellement les samedi et dimanche midi, omelette), coup de fil de Mariam. Changement de programme (je le savais je le savais, ça change toujours !). On va à Amberd (j'y étais déjà allée, il y a les ruines d'un château) puis dans la montagne Aragatz (la plus haute d'Arménie, culmine à 4090 m d'altitude) pour manger Khash (j'en reparlerai...). On rentrera la nuit à Erevan, et le lendemain on ira à Dzarkadzor. Ok, donc pas de fête... Mais ça à l'air bien.

On prend le taxi à 3h avec Rosa pour être chez Mariam et Aram (son mari, donc le neuveu de Rosa) à ... 3h. On arrive un peu en retard...
Il y a donc pour ce petit périple : Mariam et Aram, Rosa et moi, le frêre de Mariam et un ami à lui, Armen un ami de Mariam (lui il entre dans la catégorie des Arméniens qui ont les cheveux clairs (enfin il en a plus beaucoup) et les yeux bleus).
On grimpe donc à 7 dans la camionette d'Aram (Ford Transport ou un truc du genre). A l'arrière, ils ont mis un canapé (un canapé ! Dans une camionette !!) alors c'est confort. Mais moi je suis pistonnée, malgré mes protestations on me met devant, avec Aram et Mariam, pour pouvoir admirer le paysage. Ce que je ne regrette pas.

Première escale, à Sarmosavank. Une église assez chouette. Avec en face des plateaux où l'herbe est toute cramée (c'est l'été), entre nous et les plateaux des gorges. Au loin, Ararat (Massis le grand, Sis le petit). Quelques photos, et on repart.
Une semi-escale sur le bord de la route, pour s'approvisionner en raisin et pêches, et boire un coup à une fontaine.

Il est déjà plus de 5h, on passe vers Amberd mais on ne s'arrête pas, on se dirige vers Aragatz pour manger. C'est sur cette route que les paysages sont très beaux... On voit Aragatz, avec 5 pics. On voit aussi la montagne Ara (avec un peu d'imagination, le sommet à la forme d'un visage), et selon de quel côté on tourne, il y a encore Ararat et Erevan. Plus on grimpe, plus la route est mauvaise, plus il fait frais, et plus il y a de cailloux partout. Au passage, un accident, voiture complètement ecrasée à l'envers un peu en contre-bas de la route, les gens sont sain et saufs, mais ça fait flipper. Des troupeaux d'animaux un peu partout (vaches, moutons). Et des champs de pierre, littéralement. J'avais jamais vu ça : des gros rochers, des plus petits, couvrent à perte de vue les flancs des montagnes. Un peu d'herbe réussi à pousser entre les pierres, mais c'est tout (et 3 poules à un moment se baladaient fièrement sur les rochers)... De l'autre côté de la route, le paysage est plus doux, juste des collines.

On finit par arriver. Il y a là une station d'expérimentation scientifique, j'en sais pas plus. Un petit petit lac. Et une espèce d'auberge où on va manger Khash. Là on se caille un peu, on est à 3250 m d'altitude, il reste par endroit un peu de neige...
Khash arrive, et ça mérite un paragraphe pour lui tout seul. Khash, c'est du pied de vache. Bien sur, je le savais, mais j'ai quand même dit que j'en voulais, faut pas mourir bête. Donc, chacun à droit, dans une espèce de grosse assiette creuse posée sur un petit réchaud rempli de braises, à son Khash. On distingue nettement un pied de vache, blanc, dans son bouillon. Bon. On me dit de mettre du sel, de l'ail, du lavash (pain) sec émiétté. Je m'éxecute. Moment tant attendu, je plonge ma cuillère là-dedans, et puis ben ma foi je goute. J'en ai mangé quand même un peu, mais j'ai pas aimé. Trop étrange. En plus, on trinque à la vodka, parce qu'apparemment c'est un plat très gras et sans vodka ça va pas.

Après ça, histoire de digérer un peu, on décide d'aller monter sur la petite 'montagne' en face (je sais pas comment l'appeler, c'est pas si haut mais bien pentu, et au sommet il y a une croix). Ok, mais c'est tout recouvers de caillasse genre éboulis et moi j'ai la chtouile. J'arrive quand même en haut. Et puis c'est con de monter comme ça, parce qu'après il faut redescendre... Mais là-haut c'était très beau, on voyait bien les montagnes et puis on a vu le coucher de soleil, le ciel était tout orange-rouge.

Donc là il fait nuit, on repart. On se paume un peu. Ca rigole beaucoup à l'arrière (des blagues sur les géorgiens, pas traduisibles, alors ben moi je regarde les étoiles). En fait, on ne rentre pas encore à Erevan, on va à un observatoire pour voir les étoiles ! Ca tombe bien, le ciel est magnifique et bien dégagé, j'ai même vu 2 étoiles filantes héhé.
L'observatoire, c'est énorme, on se croirait dans un vieux feuilleton genre 'amicalement votre' ou 'chapeau melon et bottes de cuir', c'est totalement l'ambiance. Un vieux monsieur nous accueille, on marche dans le noir, on arrive à l'observatoire, on monte 2 ou 3 étages dans un escalier en colimaçon, et on arrive en haut. Le plafon c'est une demi-sphère en tole verte. Et en plein milieu, un gros télescope, qui est surement bien plus vieux que moi... Le vieux monsieur actionne je sais pas quoi, et le plafond s'entrouvre, découvrant le ciel. Il actionne un autre machin, et le plafond se met à 'rotationner' (la demi-sphère est montée sur rails), de sorte que la fente du plafond laisse voir une partie intéressante du ciel. Il fait tous les réglages, et nous montre jupiter et 4 de ses sattelites. Déception pour moi. On ne voit pas grand chose (le télescope n'est pas assez puissant ? Grossissement ou grandissement (ça s'oublie les cours d'optique...) 10000). On voit un rond jaune, c'est Jupiter, et 4 points jaunes, c'est les satellites. Bon. Le monsieur rebricole tout ça, pour nous montrer deux étoiles de la grande ourse. Idem, on voit deux points lumineux. Ensuite, il nous montre un 'amas' d'étoiles. Là c'est vraiment chouette. C'est super joli. Plus d'un millier d'étoiles, ça scintille de tous les côtés. Et enfin, la lune. Cool aussi. On voit beaucoup mieux (parce que c'est plus près pardi). Des cratères partout, un vrai champ de batailles. Et c'est très très lumineux.

Voilà, c'est la fin de la journée, on rentre pour de bon, je m'endors d'ailleurs dans la camionette... On nous racompagne chez nous, 4 secondes après être entrée dans l'apart je suis prête à aller au lit, un coup d'oeil à la TV où il y a l'eurovision version danse (j'ai pas vu grand chose, mais les polonnais étaient les mieux), et le marchand de sable a même pas le temps de passer que je roupille déjà.


Dimanche matin
Pas de pot, les voisins du dessous refont les fenetres, ça fait un beau boucamp, je me lève tà l'aube (10h...). Il est maintenant midi, j'ai rien fait de spécial sauf d'écrire ce qui précède, en attendant que Mariam appelle pour donner la suite du programme...

Dimanche aprèm
Mariam a appelé, on va à Dzarcadzor avec son mari, son frere et son ami, + leur cousin (Rosa ne vient pas aujourd'hui).
Dzarcadzor, c'est une station de ski en hiver. L'an dernier, le père Noël a apporté un téléphérique tout neuf. Qu'on prend, pour aller se balader en haut. Ca grimpe, c'est long, mais on voit les paysages et les arbres un peu partout. Arrivés en haut, on a fait 100 m, posé nos fesses dans un café pour en boire (du café -enfin moi je suis au régime sans café...). Et on est redescendu. Je me suis sentie roulée pour la balade, ça avait l'air super chouette...
Ensuite on a visité une église, je sais plus le nom. Bien aussi.
Après ça, on est allé manger un peu. Ce coup ci, c'était Harissa. Harissa en Arménie ça ne désigne pas de la sauce rouge qui pique et qu'on met dans le couscous. C'est de la viande de poulet et du blé, le tout battu pendant plusieurs heures. C'est bon (je connaissais déjà, mais sous le nom keshkeg), mais c'est servi avec son morceau de beurre, qui n'est pas petit...
On a mangé avec d'autres amis de Mariam qu'elle avait rencontré en chemin. Je dis ça parce qu'ils ont un petit garçon, et ça vaut le coup de raconter un peu. Ce petit (plus ou moins 5 ans), allez savoir pourquoi, a été dressé par ses parents à reconnaître les marques, et ils en sont très fiers. Par exemple, on lui montre la caméra, l'appareil photo, on lui demande quelle marque c'est, il répond Sony, Philips. Il connait toutes les marques de voiture aussi, et les marques de fringues (en voyant mes chaussures, il me regarde et dit 'pouma pouma', et effectivement, c'est des puma)... Bon je trouve pas que les parents aient des raisons d'être fiers, c'est stupide, on dirait un animal de cirque. Bref, après le repas, il vient vers moi et me raconte sa vir pendant au moins 3 minutes sans s'arrêter, mo je capte que dalle, alors je lui dit en français 'tu sais, je comprends rien du tout', ça l'a fait rire, c'est déjà ça. Ensuite, je transcris fidèlement une conversation que nous avons eu tous les 2. [Note de la traductrice : anounet incha = comment tu t'apelles – papa anoune incha ou un truc semblable = comment s'appelle ton père...].
C'est le petit qui engage la conversation (deux points, ouvrez les guillemets) :
« - anounet incha ?
- Aurélie
- ....
- Au-ré-lie
- Aurélie, anounet incha ?
- ???

- papa anoune incha ?
- Philippe
- Philips !! ».

Après ça, on est allé visiter des petites maisons à louer pour le WE prochain (parce qu'apparemment la fête aura lieu le WE prochain !!!!).
Puis balade dans la forêt (une vraie balade cette fois, mais de courte durée, enfin j'ai quand même réussi à me faire piquer par les moustiques à travers mes fringues...). Le cousin de Mariam m'a offert des fleurs, et ensuite il a chanté dans le camion pour tout le monde, en disant qu'il chantera seulement pour moi plus tard (lucky me ! ... lol).

Retour à la maison, fatiguée mais c'était bien !


N.B : lundi matin je tirai bien la tronche, pas envie de me lever, pas envie de travailler, pas envie de voir les gens. Comme un lundi matin...

# Posté le vendredi 28 septembre 2007 13:25

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