Le soir, pas de lumière dans les rues hors des grands axes, ce qui rend la circulation en voiture encore plus périlleuse : il faut éviter les trous, les autres voitures, et aussi les piétons... A pied c'est pas plus pratique : il faut éviter les trous et les voitures...
Pas de lumière non plus dans les immeubles. En fait, chaque apart a une lumière sur le palier, qu'il allume ou pas. Et en général c'est 'ou pas', donc attention de ne pas se manger les marches en descendant...
Pas de tradition bouchère ici : les carcasses de boeuf et Cie sont coupées à la hache. On peut donc acheter un quart-avant gauche de vache par exemple, mais on ne trouvera pas d'entrecôte où autre morceau individualisé.
La plupart des maux se soignent avec du thé (par exemple ourts = thym pour problèmes intestinaux) ou aussi avec l'eau gazeuse 'jermuk', les bulles ayant apparemment ici de sacrés vertus soignantes.
Pour éloigner les guêpes dans les restos à la campagne, on faut brûler du café (mais à mon avis ça sert à rien, parce que ça à pas l'air de les déranger les guêpes, et ensuite j'ai encore pas compris comment ils arrivent à faire brûler du café...).
Pour une grande occasion, on va à l'église, on fait bénir du sel, on fait manger le sel à un agneau, on sacrifie la bestiole, on fait bouillir la viande, et on mange (c'est pas mauvais d'ailleurs).
Sur les téléphones (y compris portables), il n'y a pas de répondeur. C'est quand même fou !
On dit 'allo' quand on répond au téléphone ici aussi, mais avec une prononciation que je déteste (un truc genre 'allio' dit en tordant la bouche, aaaaah, je sais pas pourquoi mais j'ai un rejet de tout mon corps, comparable avec ce que me fait la voix de JJ Goldman, pardon pour les fans...).
A table au restaurant, on met toujours la même chose comme 'base' (du moins en été) : salade tomate-comcombre, fromage, 'gamats matsun' (du yaourth tout acide et tout sec), pain, herbes et éventuellement charcuterie.
On utilise les boites de mouchoirs (les tous fins, qu'on tire un par un des boites carrées) en toute occasion, mais surtout en tant que serviette de table.
On utilise beaucoup de mots russes à la place des mots arméniens. Quelques exemples : pomidor = tomate, malina = framboise, privet = salut. Et aussi quelques mots turcs, par exemple khi= pourquoi.
Certains chauffeurs de taxi font payer 200 dram (0,4 ¤ environ) plus cher la course (sur un total de 600 à 1000 dram), pour le 'service', même si leur taxi est l'un des plus pourris...
Les gens qui ne se connaissent pas ne sourient pas. Pas exemple au restaurant ou dans un magasin, les serveurs/vendeurs tirent la tronche. Comme si on les emmerdait en commandant ou en achetant un truc... Ou autre situation, une madame qui a un petit en bas-âge tout choupinou assis en face dans le métro, pas la peine de faire un petit sourire histoire de dire 'il est mignon votre petit', parce que ça doit être offensant je sais pas, mais les madames répondent rarement. C'est pourtant pas compliqué.
On étend le linge sur des cordes tendues en général entre deux fenêtres. Ce qui est rigolo, c'est que les vêtements sont étendus par taille : ça va des habits du petiot de 2 ans à ceux du papa en passant par toutes les tailles et toutes les couleurs.
Pour le métro, les trains en circulation sont en général tellement vieux qu'ils sont à la limite de tomber en morceau, l'extérieur est tout rouillé, et l'intérieur aussi, notamment le sol est en je-ne-sais-quelle-matière-pas-appétissante. Cepandant, un métro en circulation a le sol en imitation de parquet. On se croirait dans son salon !
Quand on mange un sandwich au bureau et qu'on ne veut pas le salir (son bureau), on mange au-dessus d'une feuille de papier (et pas d'une serviette ou même soyons fous d'une assiette, qu'on trouve dans le petit cagibi tenu par une gentille madame Anaïd).
La police roule en 206 (rime à part, c'est assez marrant).
Les voitures ont parfois des klaxons horribles. Le genre de bruit que font les jouets d'enfants mais 10 fois plus fort, une espèce de sirène qui dure super longtemps.
La ville de Lyon avait fait don de vieux bus... Du coup, on tombe de temps en temps dans Erevan sur les bus TCL...
Excusez celle-là, mais il faut quand même en parler : le papier toilette est de qualité médiocre. Soit tellement fin qu'il faut une dizaine de petits carrés pour obtenir le moelleux souhaité, soit gris foncé et tout rèche. (Si j'avais su, j'aurais emporté du Lotus © avec moi...).
Peu de chiens et chats... J'ai vu de temps en temps des gens avec un chien en laisse, mais le dressage a pas du encore entrer dans les moeurs, parce qu'à chaque fois le chien tirait comme un crétin sur la laisse. Un peu plus développé : le chien errant (qui s'organise en meute).
C'est ni typique, ni pittoresque, mais faut le placer quelquepart tant je suis jalouse : Rosa a un cactus qui n'arrête pas de fleurir. Pourtant il est pas bien grand. Ben il en est bien, sans exagérer, à sa trentième fleur depuis juin. Et pas des petites, non des bien jolies, toutes oranges, qui s'ouvrent le matin et fânent le soir comme des grandes. (je dis ça en tant qu'amatrice de plantes avec la main pas verte).
Une image que je voudrais ne jamais oublier : les montagnes qui se détachent dans le ciel couchant. Tout devient un peu flou, seules les formes arrondies et pointues des sommets sont bien nettes. Et ces couleurs ! De l'orangé au violet. En fait ces montagnes ressemblent parfois à des immenses dunes de sable (formes arrondies, douces) et parfois elles sont beaucoup plus 'aiguisées', 'tranchantes'. Le mélange des deux est, à mon sens, magnifique. On a beau avoir de la montagne en France, c'est pas pareil.
Quand une fille va au toilettes à la banque, elle ferme la porte à clé (non seulement la porte de 'son' toilette, mais la porte de la petite salle de bain qui va avec, qui inclut un lavabo et un miroir).
Les heures de pointe aux toilettes féminines de la banque étant entre 13h45 et 14h30 et entre 17h45 et 18h30, mieux vaut prendre ses précautions et ne pas avoir besoin d'y aller à ce moment là, elles se refont les unes après les autres une beauté...
Chacun a sa petite tasse au bureau (moi aussi na !).
Les gens qui travaillent apportent régulièrement du chocolat dans leur bureau, et ça c'est bien (sauf pour la ligne).
Les gateaux ou glaces aux chocolat ne sont pas au chocolat mais au cacao. On peut penser que je chipote, mais même si la couleur peut être ressemblante (encore que les glaces au chocolat sont à peine marron), le goût est totalement différent, tout fade, juste un arrière goût de chocolat, ce qui est totalement frustrant.
Les glaces à la vanille ne sont pas à la vanille mais 'natures', comme les sunday au Mc Do (c'est juste de la crème glacée quoi).
Pas encore de Mac Do en Arménie (au passage on voit le cheminement de ma pensée : chocolat, glace, Mac Do...).
Les gateaux sont en général bons, et se déclinent souvent suivant le principe suivant : une génoise (plus ou moins du gateau au yaourt, hauteur moyenne 8cm) avec des couches de crème (je sais pas exactement ce que c'est, mais c'est bon et sucré) et un revêtement extérieur. Les variations concernent la couleur et le goût de la génoise, de la crème et du revêtement (nature, chocolat, fraise, pistache...) et le nombre de couches de crème (1 à 6 d'après mon expérience).
Un gateau qui se coupe pas comme chez nous : au lieu de faire des parts 'normales', on laisse le centre du gateau (un petit cercle quoi) et on fait les parts autour de ça (c'est pas clair l'explication je sais, je le marque là pour pas oublier, je ferais une démonstration grandeur nature pour les curieux).
L'enfance de la tranche d'âge 20-30 ans a été bercée par des dessins animés russes. Ils en ont aimé la musique. Résultat : pendant une soirée entre amis, on peut passer 4h à faire du karaoké sur ces chansons et à danser (c'est du vécu : pour nous autres qui ne connaissons pas la culture russe, c'est une expérience assez pénible...).
Les chansons françaises ou même anglaises qui sont connues ici sont parfois inconnues chez nous... Or nous avons tous tendance à considérer que ce que nous connaissons est célèbre, donc les gens ici ne comprennent pas pourquoi je ne connais pas, surtout des chansons françaises.
Je me demande comment ça s'explique : c'est pareil pour les clips à la TV, c'est en général des chanteurs que je connais mais les chansons je les connais pas (genre les chansons d'un album qui ne sortent jamais à la radio ou TV).
Comment est fait mon lit ? Un sommier, avec un matelas, par-dessus un espèce de matelas tout fin, par-dessus une autre espèce de matelas tout fin (et en laine), puis un drap légèrement plus grand que le matelas sert de drap house (presque tous les matins faut le remettre, je dois trop bouger en dormant...), et un drap un peu comme nos draps pour mettre les couettes, mais l'ouverture est pas à un bout comme nous mais au milieu du drap, donc faut rentrer la couette (pas tout à fait une couette, c'est en laine aussi et super lourd, quand t'es couché tu peux / veux plus bouger...) par ce trou de forme carrée au milieu.
Chaque commerçant nettoie s'il le souhaite sa portion de trottoir. On humectifie le sol en lançant de l'eau avec un sceau (ça fait des cercles par terre c'est joli) puis on balaie ça.
Beaucoup de magasins ou cafés sont en sous-sol, donc faut connaître pour les trouver, ou bien regarder.
Les filles se tiennent la main pour traverser (au début ça m'a surpris, nous on fait ça surtout pour les enfants...). Et les garçons se prennent facilement dans les bras, ils sont en général plus démonstratifs de leur amitié que chez nous.
Les habitants de chaque ville ont une réputation. Par exemple, les Loretsi, habitants de Lori, sont réputés pour leur naïveté. Les Abarantsi, habitants d'Abarants, sont eux réputés pour leur bêtise...
Mon quartier (Erord Mas) est le quartier des gangsters... Tout ça parce que les hommes de ce quartier sont réputés pour rester sur le trottoir assis sur leurs talons en fumant.
Au Siège Social de la banque (là où je travaille), les monsieurs sont en costard, mais la tenue des filles est libre (en fait il n'y en a aucune en tailleur...)
Quand on veut célébrer quelquechose (=nchel) ou quand on une chose qu'on voulair vraiment vient de se produire (=maralitch), on apporte à boire et à manger au travail pour feter avec les gens.
Dans les taxis : pas de compteurs de km (ou alors ne fonctionnent pas), je paye en général 1000 dram la course (2¤)... Pas non plus de ceinture de sécurité ('en Arménie, il n'y en a pas besoin', disent les chauffeurs).
Les immeubles sont disposés en rectangle, de façon à former des grandes cours intérieures.
Les couvertures sont faites de laine. Pour l'entretien, on enlève la laine, et dans les cours intérieures on voit les dames qui la battent avec un baton. Les tapis sont aussi lavés dans les cours : il faut d'abord verser de l'eau dessus, puis on frotte avec un balais, re-eau, et on fait sécher.
Les rues ne sont pas très propres, parce que tout le monde jette tout par terre...
Le goût des fruits est un peu différent (meilleur) de chez nous : plus sucrés, et plus de parfum. Idem pour les légumes.
Beaucoup de mots français ont atteri ici, via le russe, mais le sens est un peu changé, et la prononciation aussi d'ailleurs. Exemples : bonbon ('bonebone') qui désigne bonbons et chocolats, bistrot (en roulant le r) pour les endroits où on mange vite, jaquette pour veste... Et aussi merci, très utilisé (pour le dire en arménien, chnoragaroutioun, mieux vaut respirer un grand coup avant...).
En arménien, pour les personnes qu'on aime bien, on ajoute djan à la fin du prénom. Exemple : Aurélie djan. Ca se décline, quand on pose une question, en 'ha djan' (ha voulant dire oui), ou en aziz djan (aziz c'est un mot gentil, comme chéri), kouirig djan (kouir = soeur, le'ig' est diminutif ; les gens dans la rue qui ne te connaissent pas utilisent ça...).
Et je trouve ça cool. Par exemple, à la banque, tous les employés se connaissent bien et utilisent ce 'djan', mais ça arrivent qu'ils s'engueulent parce qu'ils ne sont pas d'accord, et ça donne des trucs du genre 'mais pourquoi tu fais comme ça, j'ai besoin de ça tout de suite, c'est n'importe quoi prénom-djan'.
Une grosse consommation de sac plastiques en Arménie...
Au marché, sur chaque étalage tous les fruits sont tout bien disposés... Ca fait des jolies pyramides, un peu comme les vendeurs font vers l'INA.
La notion de 'faire la queue' est totalement inexistante ici. Par exemple, on veut acheter quelquechose dans un magasin (j'ai pas dit, mais dans les magasins d'alimentation par exemple, il y a différents 'rayons', une ou deux vendeuses sont responsables de chaque, et ce sont elles qui donnent ce qu'on veut, c'est pas des supermarchés meme s'il y en a quelques uns). Il ne fait pas attendre son tour, sinon il ne viendra jamais. Meme si la vendeuse sert déjà quelqu'un, il faut demander ce qu'on veut...
J'arrête là parce que j'en ai marre et que personne de toute façon ne lira ça en entier. Cet article est quand même le résultat de plus de 5 mois d'observations... .
